Les années 30 : Mary « La Bolduc » Travers

On débute aujourd’hui une série de profils de femmes qui ont marqué l’histoire de la musique canadienne-française depuis les années 30.

La chanson populaire canadienne-française débute bien avant les années 30. À l’époque de la Nouvelle-France, les colons français voyageaient de la France vers le Canada amenant avec eux des chansons traditionnelles. Pendant des années, les Canadiens chantaient ces chansons qui venaient d’ailleurs jusqu’à finalement ils décident d’en écrire eux-mêmes.

Les premiers enregistrements de chansons canadiennes-françaises, telle qu’À la claire fontaine, ont été produits aux États-Unis à la fin du 19e siècle. Par un intérêt croissant, c’est dans les années 1910 qu’on débute l’enregistrement en sol canadien. Mais il faudra tout de même attendre un peu pour entendre des chansons originales avec la toute première auteure-compositrice-interprète canadienne-française, La Bolduc.

Mary Rose Anna Travers est née à Newport au Québec le 4 juin 1894. Très jeune, son père lui apprend à jouer divers instruments de musique. À 12 ans, elle commence à présenter des spectacles lors de célébrations. C’est en 1914 qu’elle marie Édouard Bolduc, un ouvrier, avec lequel elle eue quatre enfants.

Dans les années 20, le folkloriste Conrad Gauthier animait ses soirées Les Veillées du bon vieux temps au Monument-National à Montréal. Beaucoup d’artistes ont débuté sur cette scène. Alors qu’un des musiciens est malade, Mary le remplace pour accompagner plusieurs artistes et finalement, elle interprète la chanson Y’a longtemps que je couche par terre. La foule adora et on la demanda à nouveau. Nous sommes en 1927. Un an après, elle passe à la radio et sa carrière débute rapidement.

En 1929, La Bolduc commence à enregistrer en studio quelques chansons. Sa chanson La cuisinière a été composée lorsque qu’elle faisait la cuisine, endroit où elle préfère écrire. Le 78-tours est un énorme succès et Mary devient la plus grande chanteuse québécoise. Plus que tout, elle devient la première chanteuse québécoise à gagner sa vie comme artiste de la chanson. Chaque disque lui rapportait un peu d’argent, elle passa de la misère à une vie riche à grande vitesse.

À partir de 1930, sa fille Denise l’accompagne au piano. Entre la radio et l’enregistrement en studio, elle présente des spectacles au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre. Mais voilà qu’à la fin des années 30, elle apprend qu’elle a une tumeur maligne. Après des traitements de radiation, elle tente de revenir sur scène, mais décède le 20 février 1941 à l’âge de 46 ans.

En écoutant les enregistrements de La Bolduc aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de rire par son humour, de sa façon de turluter. Un humour qui faut dire était une forme de baume sur la misère de l’époque. La crise des années 30 a été dure pour toutes les familles et La Bolduc avait compris cette misère pour l’avoir vécue. La Bolduc a écrit plus de 300 chansons durant une carrière de seulement une décennie.

Bande annonce du film sur sa vie sorti en 2018.

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