Michel Lalonde, de Garolou à aujourd’hui

 

Photo : Trilby Jeeves

Michel Lalonde vient nous parler de son nouvel album. On a profité de l’occasion pour lui demander quelques questions sur Garolou.

 

Tu es originaire de quel endroit?

Je suis né à Cornwall en Ontario mais j’ai grandi dans un petit village du nom de Glen Robertson dans l’Est Ontario.

 

Et que te souviens-tu le plus de ta jeunesse?

Ce fut une jeunesse simple mais quasi idyllique. Je suis l’aîné de huit enfants. Mon frère cadet, Marc, a fait carrière avec moi au sein du groupe Garolou.

Le petit village dans lequel j’ai grandi abritait moins de mille âmes et les familles, presque toutes francophones, avaient tous des liens de parenté au Québec, mais nous étions bel et bien des Franco-Ontariens.

Ce fut une jeunesse passée à jouer à l’extérieur, à faire du sport, à gambader dans les champs, à vivre dans une communauté tissée serré.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir être musicien?

Mon père était chanteur amateur et connaissait le solfège. Il dirigeait aussi la chorale et c’est là que j’ai fait mes premiers pas en tant que chanteur.

 

Quelles ont été tes premières influences musicales?

La musique country a été une influence dans ma jeunesse, mais le vrai coup de foudre je l’ai eu en février 1964, lorsqu’on a vu les Beatles au Ed Sullivan Show. À partir de ce moment-là, je peux dire que j’avais la piqûre.

 

Comment a commencé le groupe Garolou?

Le groupe est né autour d’un projet de faire un album de chansons traditionnelles avec des instruments modernes. En 1974, on a enregistré quelques pièces en démo à l’île-du-Prince-Édouard où j’habitais et je jouais au sein d’une troupe de théâtre pour enfants.  Faut dire que le noyau de quatre musiciens incluant mon frère Marc avait existé en tant que groupe musical auparavant sous diverses formes. C’est à l’île que George Antoniak et Steve Naylor se sont joints à la formation pour devenir Lougarou. Au cours de l’hiver de 1975, le groupe s’est installé au Québec où l’aventure a continué.

 

Quels ont été les moments importants de la carrière de Garolou?

Sûrement cet été de 1974 et ce démo enregistré à l’î-P-É. Ensuite, la rencontre avec André Perry qui nous a ouvert les portes de son studio pour produire notre premier album. C’est aussi à ce moment-là que nous avons rencontré Ed Stasium qui est devenu notre ingénieur et réalisateur pour les autres albums que le groupe a réalisés.

Il y a eu de nombreuses tournées au Canada, en Europe et même aux États-Unis. Nous avons même foulé les planches du célèbre Carnegie Hall à New-York. Nous avons aussi tourné au Moyen-Orient et en Égypte dans le cadre de tournées en appui aux Casques bleus. Évidemment nos deux Félix et notre disque d’or pour l’album Garolou sont quelques-uns des accomplissements dont je suis le plus fier.

 

 

Comment s’est terminé le groupe?

Le groupe existe toujours. L’amitié et la musique reste. Je ne sais pas si nous allons remonter sur scène un jour mais nous avons beaucoup joui des dernières tournées au début des années 2000 et on ne peut dire ce que nous réserve l’avenir.

 

Il y a eu un album en 1997 intitulé Réunion. Pourquoi avoir lancé cet album?

On voulait laisser à nos fans une performance qui illustrait le son de Garolou tel qu’il avait évolué au fil de notre carrière. Nous avons toujours eu la réputation de respecter la sonorité de nos créations en studio lors de nos performances live. L’album Réunion vous donne une image du groupe au sommet de son art.

 

Garolou a été en nomination à plusieurs reprises au Gala de l’ADISQ et a même remporté deux Félix. Est-ce encore possible aujourd’hui pour un groupe de musique « hors-Québec » de se retrouver là?

Je crois qu’il est tout à fait possible. Il faut dire qu’à l’époque les moyens de production étaient beaucoup plus restreints qu’aujourd’hui. De nos jours, l’accès à la technologie permet à beaucoup plus d’artistes de se produire, ce qui n’est pas cependant garant de toujours donner un produit génial. Je crois que l’époque se prêtait bien à l’explosion créative dont on a fait partie. Il ne faut pas oublier, non plus, que même si Marc et moi sommes franco-ontariens, nous avons travaillé au Québec avec plusieurs bons musiciens québécois qui ont contribué au son de Garolou.

 

Qu’as-tu fait après Garolou?

Après Garolou, je me suis installé en Saskatchewan parmi la communauté fransaskoise qui m’a adopté et j’y suis à ce jour. J’ai travaillé comme réalisateur à la radio de Radio-Canada pendant 24 ans et, en même temps, j’ai mis au monde un nouveau groupe, La Raquette à claquettes, dont je fais toujours partie. Avec la Raquette, nous avons produit trois albums et remporté le prix du meilleur enregistrement francophone au Western Canadian Music Awards. J’ai également produit trois albums solos de mes chansons, dont le dernier remonte à l’automne dernier : Comme un engin.

 

Parle-moi de ton album L’amour fou.

L’album L’Amour fou a été réalisé par Paul Campagne et produit par Michel Bénac. L’album contient plusieurs chansons que je jouais en spectacle depuis quelques années et m’a permis de faire rayonner ces chansons pour un plus vaste public. L’album a été bien accueilli et m’a valu deux nominations au Gala des Trilles Or et une nomination au Western Canadian Music Awards.

 

Tu viens de lancer un nouvel album, Comme un engin. Est-ce que tu peux m’en parler?

Comme un engin est le plus récent album. Le projet est né grâce à l’appui de mon public qui a participé à la campagne de financement pour démarrer la production. Ça m’a permis de faire vivre les nouvelles chansons pour mon public avant d’entrer en studio. En cours de route, je me suis joint à Pierre et François Lamoureux qui ont contribué au projet, mais le catalyseur a été la collaboration avec Rémi Arsenault qui a réalisé l’album et qui a fait un travail extraordinaire au niveau des arrangements et de l’enregistrement. La plupart des musiciens sur l’album sont de l’Acadie et de la Saskatchewan… une combinaison inspirante dans mon cas.

 

 

Qui ont été tes collaborateurs sur ce nouvel album?

Rémi Arsenault a réalisé l’album. Il a aussi participé aux arrangements et à la prise de son. L’équipe de base était constituée de musiciens de l’Île-du-Prince-Édouard où l’album a été enregistré. Les chœurs sont un mélange de chanteuses acadiennes comme Patricia Richard et Caroline Bernard et les fransaskoises Annette Campagne et Christie-Anne Blondeau. François Lamoureux a mixé l’album et Pierre Lamoureux a assuré la direction artistique.

 

De cet album, est-ce que tu prévois faire des vidéoclips, podcasts ou autres produits?

Nous avons déjà réalisé deux vidéoclips avec les titres J’ suis fait comme ça et Comme un engin. Un autre vidéo-clip est en préparation. Je viens également de finir la production d’une série de capsules radio qui racontent mon parcours musical. Ces capsules seront en ondes au cours de l’été.

 

 

Quelles est la différence entre être musicien dans les années 70-80 et aujourd’hui?

Il y a quelques grosses différences. Au départ, il y a de la musique partout. Tout le monde a accès à tout gratuitement ou presque. Ça rend la commercialisation de ce qu’on fait extrêmement compliquée. En plus, la technologie étant omniprésente et de plus en plus sophistiquée, ceci veut dire que le marché est inondé d’une multitude de produits, donc pas facile de se démarquer. Finalement, comme tout semble gratuit, le public est très hésitant à payer pour voir ou entendre quelque chose qu’il ne connaît pas et qui représente une valeur sûre. Ce n’est pas le climat idéal pour encourager les nouvelles productions moins connues.

 

Que fais-tu pendant cette période de confinement?

Je viens de terminer la série pour la radio. Je continue de créer. J’ai d’ailleurs quelques nouvelles chansons en poche. Et, bien sûr, je profite du beau temps et je fais du jardinage!

 

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