Critique d’album : Vivre en ville des Rats d’Swompe

Le 27 février, j’ai assisté au lancement de l’album Vivre en ville du groupe Les Rats d’SwompeAu fond d’un sous-sol d’église transformé en taverne, le trio est apparu au milieu des tables avec une sonorité entraînante, humoristique et surtout comme une tonne de briques (ou plutôt une tonne de bûches). Le thème du bois était au rendez-vous. On se serait cru dans les années de la pitoune, ses énormes billots de bois qui flottaient sur la rivière du temps de mon grand-père.

Le trio fait du trad-rock, un mélange qui nous ramène dans le style des chansons traditionnelles du répertoire canadien-français mixé au rock d’aujourd’hui. Ce n’est pas nouveau. Garolou a fait l’expérience pendant plusieurs années, avec succès. Mais alors que Garolou misait beaucoup plus sur un rock progressif avec les synthétiseurs, les Rats y vont avec le violon. Le violon de Patrick Pharand remplace donc le synthétiseur avec une touche bien à lui. Parfois on l’entend comme un violon typique des chansons traditionnelles du bon vieux temps et tantôt, il se transforme en instrument de rock progressif comme on connaît avec Jean-Luc Ponty. Ceci partagé avec la fougue du chanteur Yan Leduc et la rythmique à la basse de Martin Rocheleau, nous avons en face de nous un groupe frais sur la scène musicale canadienne.

L’album Vivre en ville ouvre au rythme de la batterie « pesante » de Simon Joly dans la chanson Le temps des pommesUne pièce humoristique racontée comme une histoire dans un style traditionnel se rapprochant d’une sonorité punk dans l’arrangement des chœurs. À la base, ce n’est pas une chanson qui ressort du lot, mais l’arrangement musical de rock progressif de la fin de la chanson en fait une belle surprise.

Monde des fous suit avec un style entraînant. L’arrangement me rappelle beaucoup certains groupes québécois des années 90 avec un son très radiophonique. Pour ma part, ce n’est pas une chanson qui me plaît, justement pour son arrangement trop simple.

Tout comme la pièce précédente, Tisonagan, est très radiophonique. Du pur rock où le violon laisse place à un solo de guitare électrique. Yan Leduc a écrit un texte touchant qu’on a vraiment le goût de poursuivre du début à la fin.

La batterie de Simon Joly et la basse de Martin Rocheleau s’en donnent à cœur joie sur la chanson Le P’tit cordonnierÀ quelques reprises, l’arrangement ressemble à une pièce de Rush. Le son est tellement fort qu’on peut parfois entendre de la distorsion. Une chanson très originale qui mérite d’être écoutée par le petit rockeur en vous.

Le Medley du violoneux est probablement la chanson idéale pour les amateurs de rock progressif des années 70. C’est une pièce instrumentale qui me ramène à des époques précédentes. Le violon rappelle parfois celui d’Ashley MacIsaac sur Sleepy Maggie. Rappelez-vous de la chanson Le Caribou du Rêve du Diable et ajoutez-y la guitare de Marc-Antoine et la batterie de Simon Joly, les deux frères du groupe punk rock The Great Diversion … et voilà!

Vivre en ville est la sixième pièce de l’album du même nom. Elle rappelle Les Colocs, une chanson bien racontée. Le violon ajoute encore une fois une touche originale.

On poursuit avec La Dernière bûche, ma pièce préférée de l’album. Encore une fois, le texte est bien écrit et bien délivré. La section rythmique rock la soulève, sans la rendre trop « heavy ». Après le banjo, le solo de guitare électrique et le rythme endiablé, on veut la réécouter en boucle.

Chevaliers de la table ronde est bien sûr un hommage à cette célèbre chanson traditionnelle. Elle est intéressante en spectacle et saura plaire aux gens durant le temps des fêtes. Pour ma part, c’est celle que j’ai moins aimée.

Toune pour Alex ralentit la cadence rapide de la dernière pièce. On prend une pause. On s’assoit pour prendre un peu de temps pour regarder, faire quelques réflexions. L’arrangement des voix est tout à fait magnifique. Elle pourrait certainement devenir un hymne de fin de spectacle. Ma meilleure après La dernière bûche!

Pour la dernière chanson, on entend les musiciens qui ont du plaisir et qui entonnent La belle-mére, une chanson très humoristique. Lors du spectacle des Rats à la St-Jean Ottawa, j’ai remarqué que la foule s’était bien amusée à l’écouter. Pour ma part, ce n’est pas une chanson que je vais retenir de cet album qui dans l’ensemble est une très belle production. À noter qu’il y a une courte chanson cachée à la fin du CD sur un petit air qui nous donne le goût de réécouter le disque.

Enfin, les Rats d’Swompe nous offre un premier album solide et bien produit. L’ajout des membres du groupe The Great Diversion ajoute beaucoup à l’originalité. Le travail de l’arrangement des voix est bien manié d’un bout à l’autre. Si vous êtes collectionneurs de bandes dessinées, procurez-vous le CD. On peut voir un travail d’illustrations méticuleux qui présente bien le monde des Rats!

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