Ma passion pour le disque vinyle

On me demande souvent pourquoi j’aime les disques « vinyle ». Je tenterai d’y répondre du mieux que je peux dans ce court texte.

Plus jeune, j’écoutais de la musique de diverses façons. Nous avions à la maison des 33-tours, des 45-tours, des cassettes 4-pistes, 8-pistes, en plus de la radio et la télévision où on pouvait découvrir de nouveaux artistes. Côté sonore, le support ultime demeurait le vinyle. Mon père en avait beaucoup et au fil des ans, j’en ai acheté des centaines.

La cassette servait de support pour transporter la musique avec nous. Le son n’était pas toujours excellent, mais le transport l’emportait sur la qualité. On achetait une cassette d’un artiste et on enregistrait les meilleures chansons de notre collection de disques sur une cassette audio vierge 4-pistes de format normal, chrome, ferrochrome (qui a été d’une courte durée) et l’ultime, le format (dispendieux) métal. On peut comparer la cassette au format compressé MP3 d’aujourd’hui.

Comme je disais, le vinyle était le meilleur format. À vrai dire, nous ne disions pas « vinyle » à l’époque, mais bien 33-tours, microsillon ou long jeu. Je me souviens très bien de parcourir une grande distance à bicyclette pour aller m’acheter un 33-tours à une des boutiques de disques de la ville. En entrant à la maison, je le déballais et l’écoutais immédiatement. Chaque détail de la pochette à l’extérieur comme à l’intérieur était scruté avec attention. Si les paroles étaient à l’intérieur de la pochette, toutes les paroles étaient lues. Écouter un disque devenait une expérience comme aller au cinéma, les gens devaient se taire pour écouter. Je m’assoyais devant les immenses hauts-parleurs en écoutant le chanteur comme s’il me parlait directement.

Certains artistes allaient loin dans la présentation de la pochette. Par exemple, je me souviens avoir ouvert l’album Like a Prayer de Madonna et sentir une odeur de patchouli.

Un jour, je me suis rendu dans un magasin de disques où j’avais l’habitude de commander des nouveaux albums. La gérante du magasin m’avertit qu’elle ne recevrait plus de 33-tours car un nouveau format venait d’être créé, lequel devait transformer le marché : le CD. Ce nouveau format, comme démontré à la télé, ne pouvait se « grafigner » (!), ne pouvait se briser, en fait devait nous durer toute une vie, sans changer de son. Je ne voulais pas adopter ce nouveau format, mais l’industrie a décidé pour moi. J’ai donc commencé à acheter des CD peu à peu, mais je n’ai jamais adopté complètement le format. Je me suis senti floué par l’industrie musicale qui essayait, de ne plus me vendre de la musique, mais du plastique. Le son digitalisé était maintenant aseptisé, enlevant beaucoup de fréquences chaudes à l’oreille. Les 33-tours étaient réellement disparus.

Donc, j’ai été très surpris du retour des 33-tours durant les dernières années. Les gens avaient, dans les années précédentes, jeté leur collection de disques et leur table tournante à la poubelle. Ils avaient tout remplacé avec des lecteurs CD pour finalement se convertir encore une fois dans un nouveau format, le MP3. Certains doivent regretter leur décision d’avoir tout placé au rebut.

Quand je parle à la nouvelle génération de consommateurs de musique, je parle de vinyle et les individus comprennent de quoi je parle. Ça n’aurait pas été le cas il y a quelques années. Des boutiques de CD sont maintenant remplacées par des boutiques de vinyles. Pour moi, c’est à la fois étrange et satisfaisant à la fois. Étrange parce que l’industrie nous avait obligé d’opter pour le CD. Satisfaisant parce que le consommateur a demandé le retour de cette technologie.

Est-ce que le disque vinyle est mieux que le format CD? Ce n’est pas à moi de répondre, demandez plutôt à des ingénieurs de son. Pour ma part, j’ai fait beaucoup d’enregistrement en studio avec des bobines à une certaine époque. Le son avait une chaleur. C’est beaucoup plus la surproduction du son aujourd’hui qui fait du dommage à l’artiste. Ce que je veux dire, c’est que le problème n’est pas le CD, mais bien la digitalisation de la chanson avec une multitude d’outils technologiques pour la modifier. Si la chanson est surproduite, elle sonnera aussi mal sur vinyle que sur CD. Pour ma part, je préfère mes vinyles de l’époque avec toutes les imperfections de studio.

Pour ce qui est des artistes d’aujourd’hui, je vais certainement acheter des vinyles à cause encore une fois de l’expérience. Quand j’écoute un disque, c’est du début à la fin. Avoir une bibliothèque de MP3 sert seulement à se rendre compte qu’on ne peut choisir ce qu’on veut écouter, comme avoir 500 canaux sur sa télé et passer deux heures à changer de poste sans savoir lequel choisir.

Écouter un disque vinyle, c’est déposer le disque sur sa face A, déposer l’aiguille, s’asseoir et écouter l’album du début à la fin. Ensuite, placer le disque de l’autre côté et recommencer le processus. Tout ceci, en regardant la pochette et en écoutant attentivement l’artiste nous dire quelque chose.

Quelques albums que j’aime définitivement mieux écouter sur vinyle :

  • Aut’Chose – Une nuit comme une autre
  • Claude Dubois – Fable d’espace
  • Diane Tell – Chimères
  • Fiori-Séguin – Deux cents nuits à l’heure
  • Jean-Pierre Ferland – Soleil
  • Octobre – Survivance

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