Entrevue : Brasse-Camarade

Si vous étiez une ou un adolescent en Ontario français dans les années 90, vous avez sûrement écouté Brasse-Camarade, le groupe des frères François et Pierre Lamoureux. La semaine dernière, le groupe a décidé de ressortir la chanson Maudit manège pour les plateformes numériques. Suite à cette excellente nouvelle, on a décidé de demander quelques questions à François Lamoureux sur l’histoire de ce groupe maintenant rendu mythique.

 

Comment a commencé le groupe Brasse-Camarade?

C’est un peu compliqué notre affaire LOL…. Brasse-Camarade est né des cendres d’un groupe anglophone qui s’appelait The Frayed Edge.  On y retrouvait Arnold « Arn Dog » Bondi à la batterie, Pierre (basse), moi (guitare) et Bryan Martin (voix).  On s’est rencontré dans le programme de musique à l’Université McGill.  Faits intéressants, Pierre a commencé en guitare classique, Arnold en piano classique et moi en saxophone jazz.   Bryan travaillait pas mal comme ingénieur de son à New York et les trois autres on devait trouver une façon de gagner notre pain.  On pratiquait souvent les trois ensembles car Bryan était toujours pris à New York et on a décidé de fonder Brasse-Camarade comme ça où moi j’allais devenir le chanteur.  Au début je jouais aussi pas mal de saxophone dans Brasse-Camarade…  (The Frayed Edge a duré le temps de faire un album en juillet 1991 mais il n’a jamais sorti.  The Frayed Edge est mort comme ça.  Autre fait important c’est que The Frayed Edge a joué au Açores en août 1990… suite à notre rencontre avec José Soares, un Açorien-Montréalais…Cela devient important plus tard dans l’histoire Brasse-Camarade.).

Donc, on a eu l’idée de fonder Brasse-Camarade en janvier 1991. Je venais d’avoir 21 ans et je finissais mon bac à McGill et j’enseignais la science à l’école secondaire Ste-Famille à Mississauga (de décembre 1990 à février 1991).  On était sur la route dès le mois de mars 1991. On a fait 2 ou 3 spectacles préparatoires dans des écoles secondaires basée sur la notoriété de mon ancien groupe, Plus Que Parfait, avant de monter sur scène pour la « première fois » à la Nuit sur l’étang en mars 1991. Plus-Que-Parfait avait fait toute une impression à la Nuit de 1987 et 1989 ainsi que dans plusieurs écoles secondaires entre 1985 et 1987 donc ce ne fût pas trop dur de les convaincre de nous prendre.  De plus, la chanson de Pierre, Brise légère, a gagné la Bourse Bertrand comme « la » chanson de Nuit en 1991.  Tout ça en trois mois!

Un an plus tard après notre premier spectacle, l’ONF tourna un film sur le « phénomène Brasse-Camarade » LOL, intitulé « Sur la route » et qui coïncidait avec le commencement de la tournée la plus longue jamais entrepris en Ontario français, six semaines complètes en Ontario sans de retour possible à la maison.  On jouait 4 à 5 fois par semaine dans des écoles et villes différentes.  Fou.  Pierre a tout monter le réseau de ses bras.  Rien ne se passait à ce moment-là en musique en Ontario.  CANO était mort depuis un bout, Robert Paquette prenait ça mollo comme on dit, Purlaine était mort.  Il y avait seulement Paul Demers qui faisait des choses et aussi un peu Michel Payment.  Mais il n’y avait RIEN qui s’adressait directement aux ados et qui rockait dur.  Tout était basé sur des guitares à moustiques (mon nom pour les guitares acoustiques LOL).  Nous, on était trois gars qui sautaient partout et qui voyageait partout « proche ou loin, on veut jouer chez vous ».  Ce concept d’aller CHEZ les jeunes de façon systématique et organisé, n’avait jamais vraiment existé.  La musique en Ontario français c’était plus une affaire de festival ou de rassemblement.  Quelques fois on voyait des choses locales dans des centre communautaires…. Mais cela ne touchait pas les ados.  Pour bâtir une fierté il fallait s’adresser aux jeunes.  On s’est donner ça comme mission.  Mon père avait fondé l’école secondaire Le Caron à Pénétanguishene (ou est née Plus-Que-Parfait) et avait compris que la force ne notre peuple devait passer par la jeunesse.  Cette transition chez Pierre et moi dans notre mission a été tacite et s’est faite tout naturellement…N’oublie pas qu’on avait comme but original The Frayed Edge…

Originalement, lors de nos spectacles dans les écoles, pour couper les coûts on avait loué une Cadillac blanche de l’année et on y avait qu’une guitare, qu’une basse, mon amplif Mesa-Boogie, un snare, des cymbales et notre linge.  C’est tout. On avait vendu l’idée qu’on allait jouer dans les écoles avec les équipements existants de l’école dans le but de montrer aux jeunes qu’ils avaient tout pour réussir.  Je dois avouer que certaines écoles étaient mieux équipées de d’autres ! LOL.  Mais le concept a fait fureur et on a pu bâtir notre nom, ce qui a attiré l’ONF et a permis cette longue tournée de 6 semaines.  Par ce temps, on avait un bon système de son et d’éclairages, une fourgonnette neuve et une mission.  Ce qui a aidé aussi c’est que j’avais gagné Much Music Guitar Warz Québec et je me suis rendu à la finale canadienne.  Dans ce temps tous les ados regardaient Much Music et cela nous a donné de la crédibilité parce que sans qu’on le dise, une grande proportion m’avait vu dans la compétition nationale..  On disait aux jeunes ce n’est pas parce que l’on chante en français que nous sommes dans les ligues mineures…au contraire.  C’est un choix de chanter en français pas une obligation de deuxième classe.  Guitar Warz a permis d’illustrer ça de façon concrète.

En mars 1993, soit deux ans plus tard après le premier spectacle du groupe, on lançait notre premier album à Nuit. Entre temps, on avait joué une centaine de spectacles ou plus. En fait, on avait joué partout en Ontario, en Louisiane et Portugal avant de jouer au Québec.  Quand j’y pense je n’en reviens pas ce qu’on peut faire avec l’énergie de la jeunesse.  Pas certain que je pourrais refaire ça aujourd’hui…En fait, j’en suis certain.  Pierre et moi on est fier de l’avoir fait!

Est-ce que le trio a resté avec les mêmes membres au fil des ans?

En juin 1992, après la « tournée la plus longue en Ontario français » LOL , Arnold a vu réapparaître une vieille blessure de football qui l’a obligé d’arrêter de jouer.  Ce fût un choc total de perdre un ami et son camarade de groupe.  On vivait 100% de Brasse-Camarade et on avait une tournée d’organisé aux Açores pour l’été 1992.  Jean-Marc Lalonde, anciennement de Plus-Que-Parfait, l’a remplacé temporairement pour notre première tournée au Portugal pour 6 semaines et ça avec je crois 10 jours d’avis. À la fin de l’été, lors de notre retour au Canada, et ce de façon rocambolesque (ce sera pour une autre fois), Jean-Marc est retourné à l’université finir son Bac.

On a composé pas mal de chansons aux Açores lors du voyage.  Notre agent aux Açores, José Soares a tombé en amour avec la chanson de Pierre, Brise légère et a décidé d’en faire une traduction.  Lors de notre tournée au Açores le réalisateur du film de l’ONF, Valmont Jobin, était venu nous rendre visite pour comprendre ce qui se passait et a décidé de produire un film sur nous aux Açores.   Lui et José sont devenu amis de façon instantanée.  Valmont et José ont décidé d’appeler le film Brisa lève et décidé de le tourner en février 1993.   Valmont a vendu une diffusion à TV5 et le tour était joué.  Bryan Martin était aussi venu nous voir aux Açores et a agi comme notre ingénieur de son lors de spectacles.  On lui a demandé s’il voulait faire notre album en novembre 1992.  Plus tôt dans l’année 1992, Pierre avait décidé de commencer une compagnie de disque avec Claude Desjardins; Les Disques MOV.  Claude était aussi Franco-Ontarien et était le batteur le plus en demande dans les studios de Toronto.  Il opérait aussi les studio BMG dans les bureaux de BMG dans l’édifice de Much Music.

Au retour du voyage des Açores, on avait plein de nouvelles chansons, un plan d’album, un plan de film ET PAS DE BATTEUR !!!!  C’était dans le temps du référendum de Charlottetown et TFO nous avait demandé de composer des chansons pour un document qui allait circuler dans les écoles.  On a enregistré ces chansons avec Claude.  Une de ces chansons, on doit choisir, allait devenir une chanson que nous avons jouée à quasiment tous nos spectacles. La recherchiste du film de l’ONF, Joanne Champagne, avait écrit des textes.  Elle me les a présentés et de là est sorti « La fille d’en face », « Shed » et « Au quai des brumes »; aussi des chansons qu’on allait jouer à tous nos spectacles.   On a décidé d’enregistrer notre premier album avec Claude Desjardins à la batterie avec toutes ces chansons qu’on n’avait jamais jouées !   D’habitude le premier album d’un groupe regroupe toutes les chansons que le groupe joue depuis des années.  Pas nous…Et évidemment, Maudit manège est sur ce premier album.

En décembre 1992, on couchait chez Claude et le soir avant d’aller en studio on a monté les chansons qu’on allait jouer le lendemain!  Moi, dès ma sortie de McGill en 1991, j’étais devenu musicien de studio à Montréal et je jouais déjà sur les grosses publicités comme Budweiser, Ford et autres donc c’était naturel d’aller dans le studio avec aucune répétition comme ça.  Pierre était aussi à l’aise dans ce scénario et c’est comme ça que Pierre, Claude, Bryan et moi avons fait le premier album de Brasse-Camarade.  BMG a fait la duplication du disque et tout était prêt pour le lancement du disque à la Nuit en mars 1993.  Sauf qu’entre le mix de l’album à New York à Platinum Island Studios en janvier 1993 et le lancement de l’album en mars 1993, on a tourné le film Brisa lève aux Açores.  En récompense, on avait invité Claude et Bryan à venir aux Açores pour le tournage de du film avec Valmont et Joanne.  Fait coquasse, Bryan tomba amoureux de Joanne et ils se sont mariés et sont toujours ensemble.  Autre fait coquasse, on avait une cassette avec nous aux Açores des mix de l’album que Pierre et Bryan venait de mixer à New York.  Quelqu’un l’a volé d’un camion de production et dans l’espace d’un jour tout le monde sur l’ile de Sao Miguel aux Açores semblait en avoir une copie !

Arnold lui suivait ce qu’on faisait de proche…. Il nous a annoncé qu’il était capable d’être du tournage de Brisa lève mais pas l’enregistrement de l’album.  Après le film et le lancement à la Nuit, il a pris sa retraite car sa blessure s’est de nouveau manifestée…

Du moment que Arnold a définitivement quitter le groupe, l’histoire des « batteurs » a commencé. On l’a remplacé par Jim Pistilli qui jouait dans un autre groupe avec nous en parallèle avec un des proprios du Peel Pub à Montréal.  Jim a joué avec nous plus d’un an incluant des tournées en Louisiane et une autre 6 mois plus tard en Alabama. Après s’est joint Tim Rideout, un autre gars de McGill avec qui on a beaucoup tourné et enregistré Fonce! notre 2e album.  C’est avec Tim que nous avons joué l’Olympia à Paris.  Ensuite Martin Gaboury s’est joint à nous pour un bout. On a tourné un peu avec lui mais on a surtout produit trois video clips en support de l’album Fonce!.  Après avoir auditionné 48 différents batteurs, ce fut François Paré en arrière de nous pendant une bonne année. Il a fait la tournée transcanadienne avec nous pour 6 semaines de La Tuque à Vancouver à Yellowknife etc… tout en fourgonnette…l’hiver!  Et il est venu au Portugal pour une autre tournée de 6 semaines. Mais après avoir enregistré notre troisième album “Les étrangers”, il a quitté. Il a été remplacé par Shawn Sasyniuk qui est resté avec nous jusqu’au bout.

Shawn jouait dans le groupe En Bref et quand le groupe est mort il nous appelé la journée même et immédiatement on l’a accepté à bras ouverts.  On a fait beaucoup de spectacles ensemble un peu partout au Canada et au Portugal et aux Açores.  Entre François Paré et Shawn, il y a eu des batteurs qui nous ont grandement aidé à continuer: Jo Ann Blondin (elle est sur les vidéoclips « Tout pour te garder heureuse » et « Mille raisons »), Marc-André Fortin, Pierre Pineault et Pascal Racine. Le plus chanceux fut Pascal, qui est venu avec nous à Lisbonne et aux Açores:). On a enregistré des chansons en studio avec Jo Anne et Marc-André. En fait, Marc-André a joué sur les seules deux chansons en anglais de Brasse-Camarade, paru sur un album uniquement distribué au Portugal.

En quelle année le groupe a arrêté? Et quelle a été les raisons?

On a fait notre dernière prestation à une émission de télévision de Radio-Canada au mois de septembre 1999. On venait de revenir d’une tournée de trois semaines au Portugal. On n’a rien annoncé à personne. On savait que j’allais devenait directeur musical d’Isabelle Boulay et que Pierre déménageait à Manhattan le mois suivant. Ça n’a pas vraiment arrêté, on a juste appuyé sur “pause”. Une couple d’années ont passé et on a joué ensemble pour l’hommage à Alain Dorion lors du Gala de la Trille d’or. Plusieurs années ont ensuite passé et on a commencé à enregistrer Mademoiselle comme cadeau à notre cher ami Paul Demers pour lui lever les esprits. Il est décédé quelques jours plus tard et la fin de semaine même on a fini la chanson et on l’a sorti très rapidement à la demande de son épouse…la chanson était plus en mode démo qu’en version finale.  Shawn a joué dessus.  Elle est sur Spotify et Apple Music et les autres…

 

Vous avez joué sur scène plus qu’en Ontario. À quels endroits au Canada et dans le monde avez-vous présenté des spectacles?

On a joué partout au Canada sauf au Yukon et à Terre Neuve. On a joué beaucoup au Portugal, en France et aux États-Unis. On avait des plans pour jouer au Brésil et on avait fait quelques voyages promotionnels pour préparer le terrain, mais Joana, notre agente est morte tragiquement lors d’un ces voyages. On n’a pu continuer là-bas sans elle.

 

Vous avez même joué à L’Olympia de Paris. Peux-tu me raconter ça?

On nous a demandé de représenter le Canada aux Jeux de la francophonie en 1994. Le festival et la compétition culturelle entourant les jeux se déroulaient entre autres à l’Olympia.  Brasse-Camarade était un très bon groupe en spectacle et on est fiers d’avoir volé le show à l’Olympia LOL. Bizarrement le lendemain, on s’est fait reconnaitre un couple de fois en marchant à Paris.  Pas mal cool.

Quels sont vos albums?

  • 1993 Brasse-Camarade
  • 1994 Fonce!
  • 1997 Les étrangers
  • 1999 Mil razoes (album en portugais lancé par Musica Alternativa)

Il y a aussi trois “albums” promotionnels: Princesse des bayous, Rêve et réalité et Mas voltarei.

Princesse des bayous est une collection de chansons qu’on avait enregistrées mais jamais sorti. On les a regroupés sur un CD qu’on a imprimé 2000 unités. Le tout fut commandité. On a donné 1500 unités à la Nuit sur l’étang en 1995.

Inspiré du succès de Princesse, on a produit Rêve et réalité qu’on a donné au Festival Franco-Ontarien en 1997 ou 98. Tirage limité à 1000 copies.

Mas Voltarei est un album composé de succès qu’on a eu chez nous, des versions portugaises et des chansons en anglais. On a imprimé 500 unités et on les a vendus au Portugal lors de nos tournées.

 

Vous avez fait un album avec plusieurs chansons en portugais? Pourquoi?

On a joué plus d’une centaine de spectacles au Portugal. On y est allé environs 30 fois, soit en tournée ou en promo. C’était une suite logique. Samuel Lopes de Musica Alternativa, nous a mis sur son étiquette de disques.  On a joué sur l’émission de télévision la plus populaire au pays “Big Show SIC” (SIC – le nom de la chaîne télé) avec une cote d’écoute de près de 6 millions dans un pays qui en compte 9 millions. Nos clips ont joué à la télé, nos chansons à la radio.  Marcolino Candeias, un grand poète Portugais a adapté nos textes en Portugais.  Pas facile de chanter en Portugais, je peux vous l’assurer mais ça vaut la peine.  C’est merveilleux là-bas : les filles sont très belles, la nourriture est divine, le vin est extraordinaire… on pensait déménager là-bas face à toute l’amour que nous recevions de ce peuple magnifique. En fait, plus de 75% de nos revenus venait du Portugal entre 1997 et 1999.  Des 30 voyages environs 25 se sont fait entre 1997 et 1999.  C’est beaucoup. Et… comme ce fût le cas pour la majorité de notre vie, on n’a pas eu de subventions pour aller au Portugal…C’était vraiment « vrai » notre affaire et viable financièrement bien qu’on ne vécût pas le grand luxe LOL.

Il était difficile de trouver les albums de Brasse Camarade sur les plateformes numériques. La chanson Maudit manège de votre premier album est maintenant disponible. Pourquoi aujourd’hui?

La chanson s’est hissée à la première position du palmarès à CHOI FM la plus grosse station Rock au Québec.  Québec a toujours été plus « Rock and Roll » que Montréal.  CKOI était la plus grosse station au Québec mais elle n’est pas Rock. CHOI était la plus grosse station Rock.  Donc, d’avoir percé là si fort, on savait qu’il y avait quelque chose pour nous.  Alors, pour relancer la présence Brasse-Camarade, on a décidé de commencer avec le single qui nous a permis de percer au Québec. On va sortir tous nos albums dans la prochaine année sur toutes les plateformes numériques en forme de Box Set numérique

En 2000/2001, on a retiré tous nos disques du marché pour toutes sortes de raisons incluant le fait que notre entente avec notre ancien gérant s’est très mal terminée. On avançait vers autre chose (Fogo) de toute façon. Mais on s’est dit que c’était le moment de tout ressortir et le COVID 19 nous a donné le temps de tout re-masteriser.

 

Vous avez fait beaucoup de vidéoclips. Est-ce qu’on pourra voir ces clips en quelque part?

Les clips sont presque tous disponibles sur YouTube. On a aussi ajouté des clips-paroles (lyric video). Les autres suivront.  La liste est la suivante :

  1. Sans elle (sans ailes). -Numéro 1 franco à Musique Plus-
  2. Aline
  3. On doit choisir
  4. Je viendrai te chercher
  5. Brise légère (jamais sorti…compliqué LOL)
  6. Mille raisons
  7. Mil razoes – Top 5 à Sol Musica (Espagne et Portugal)
  8. Tout pour te garder heureuse
  9. Tudo para te manter
  10. Éternel
  11. Eterno
  12. Tard

Et les films « Sur la route » ONF-Aquila et « Brisa lève » Nuance-Jobin…

 

Êtes-vous un peu ce qui a mené à la création de l’organisme Réseau Ontario?

Réseau Ontario, ça n’existait pas pendant notre temps. Il y a eu un vide culturel en Ontario pendant plusieurs années. Pendant toute notre carrière, on a dû créer notre propre réseau de centre culturels, de festivals, de collèges et écoles secondaires. Rien ne les regroupait dans le temps.  Avec plus de 350 spectacles dans les écoles surtout en Ontario, Pierre a vraiment tout organisé. Brasse-Camarade a vraiment ouvert le chemin.  On avait joué à Contact Ontarois en 1992 et on n’a pas eu grand-chose de là comme commandes de spectacles.  La journée après qu’on a joué là, on commençait le film de l’ONF et la plus grosse tournée jamais en Ontario français…tout organisé par Pierre.  Donc, quand on a quitté la scène, Réseau Ontario a apparu…

Tout le monde nous disait que ce qu’on voulait faire en 1991, quand on a créé Brasse-Camarade, était impossible.  Quand on a quitté tout avait été mis en place et c’était viable et plein de groupes on suivi.  Pierre avait aussi créé un réseau où on vendait nos albums. Il avait organisé ça avec les conseils des élèves dans une soixantaine d’écoles. On avait une ligne 800 et une ligne fax 800. On recevait les commandes le vendredi et on envoyait ça par la poste la semaine suivante. C’était bien avant le réseau de distribution de l’APCM, qui a été créé lors du mandat de Pierre comme président de l’APCM lors de discussions très dures. En fait, nous sommes les deux, Pierre et moi membres fondateurs de l’APCM. Pierre a été président pendant trois ans, le deuxième président; il a succédé à Paul Demers. C’est Pierre, avant le DG de l’époque, qui a créé le réseau de l’APCM et qui a produit les premiers CD compilation de l’APCM car ce n’était pas tous les artistes qui avaient les moyens de se produire un album.

Depuis Brasse-Camarade, qu’as-tu fait côté carrière? Tu œuvres toujours dans le domaine des arts?

Pierre et moi sommes réalisateurs et producteurs de films depuis 2000. On se spécialise dans la variété et les documentaires. On a tourné d’importants artistes en concert, de The Who à Rush, de Willie Nelson à Keith Urban, de Slipknot à Harry Connick, Jr.. On a gagné un Grammy avec Zappa Plays Zappa, deux Emmy avec Harry Connick, Jr., deux Juno (The Tragically Hip et Billy Talent) et deux Gémeaux (Cowboy Junkies) et une panoplie de prix d’excellence de l’industrie.

 

Depuis 20 ans, votre carrière est-elle beaucoup plus dans le monde anglophone?

Notre carrière est internationale. On a filmé sur cinq continents. Il nous en reste que deux. On a aussi filmé beaucoup d’opéras dont Another Brick in the Wall de Roger Waters, Carmen, Faust, La bohème et autres ainsi que de la danse comme le Moulin Rouge du Royal Winnipeg Ballet et Flamenco Hoy de Carlos Saura.

 

Est-ce que le paysage musical de la francophonie ontarienne a changé depuis les années 90?

On espère que oui! Le monde change. Nous, on l’a changé à notre façon. D’autres le font aujourd’hui.

 

Est-ce possible aujourd’hui de vivre d’une carrière en musique en français en Ontario et même au Canada?

La question devrait être … est-ce possible aujourd’hui de vivre d’une carrière en musique en ce monde? Ça devient de plus en plus difficile.

 

On peut-tu s’attendre à un retour ou sinon à un spectacle de Brasse Camarade?

Restez à l’écoute… On n’a jamais annoncé une fin à Brasse-Camarade, jamais. Voyons-voir… Écoutons-voir…

2 réflexions sur “Entrevue : Brasse-Camarade

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