8 femmes pour le 8 mars : Caroline Savoie

Pour souligner la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2020, nous avons décidé de parler avec huit femmes auteures-compositrices-interprètes d’un peu partout au Canada : Céleste Lévis (Ontario), Caroline Savoie (Nouveau-Brunswick), Rayannah (Manitoba), Michelle Campagne (Saskatchewan), Emma Beko (Québec), Gab Godon (Québec), Sophie Pelletier (Québec), Maryze (C.-B.).

Voici notre entrevue avec Caroline Savoie.

T’es née en quelle année et à quel endroit?

1994 à Fredericton (N-B.)

 

Que te souviens-tu de ton enfance?

Que c’était joyeux … rempli de camping, de plein-air et de plages.

 

As-tu toujours demeuré dans la même ville?

Non, j’ai habité à Dieppe, Granby (j’étais étudiante à l’École Nationale de la Chanson) et maintenant Montréal. J’ai plutôt grandi à Dieppe, y déménageant très jeune avec mes parents.

 

À l’école secondaire, quel genre de fille étais-tu?

Je jouais beaucoup de sports. Je faisais des bonnes notes mais je passais souvent mon temps à gribouiller des paroles de chansons dans mes cartables de mathématiques, et je pensais toujours au prochain party!

 

 

Quand est venu ton désir de faire de la musique? 

Après un an que je prenais des cours de chant et que je jouais de la guitare, j’ai commencé à vraiment « day dreamé » faire une carrière en musique mais je trouvais que ce n’était pas réaliste. Peu à peu, je me disais que j’allais tout faire pour que ce soit ma carrière et nous voici!

 

Qui t’a influencé en musique (autant autour de toi que de la musique que tu écoutais)? 

Mon père m’a beaucoup encouragé. Je pense que s’il ne m’avait pas autant appuyé, je ne ferais pas carrière en musique aujourd’hui. Toute ma famille m’a vraiment aidé au travers ma carrière. Si non, j’ai beaucoup écouté Bob Dylan et Feist. Ce sont deux artistes que j’admire beaucoup.

 

Quand est venu le moment que tu as décidé de faire de la chanson?

Mon grand-père m’a acheté une guitare lorsque j’avais à peu près 12 ans. Même si je trouvais ça difficile au début, j’étais têtue donc j’ai continué à jouer. Au fur et à mesure que j’apprenais de nouvelles chansons, plus j’adorais jouer la guitare. De plus, j’ai toujours eu une fascination avec la littérature. Avec le temps, j’ai donc combiné mes deux passions!

 

Tu as participé à un concours télévisé en France. Peux-tu me dire pourquoi tu as fait le saut et décris-moi ton expérience.

On m’a recruté sur Youtube. Je n’avais pas planifié faire l’émission La Voix mais lorsqu’on m’a approché, vu mes 18 ans, je me suis dit que ce serait une belle expérience pour donner un petit boost à ma jeune carrière. Ça été comme une école pour moi. J’ai beaucoup appris, j’ai travaillé fort et je me suis fait beaucoup d’amis. C’était un beau moment de vie mais j’avais quand même hâte de retourner sur scène faire mes propres compositions.

 

 

As-tu participé à d’autres concours?

Oui! J’ai fait quelques concours au Nouveau-Brunswick dont le Sommet de la Chanson de Kedgwick ainsi que Accros de la Chanson. Plus tard, en 2015, j’ai participé au Festival International de la Chanson de Granby.

 

Pourquoi avoir choisi de chanter en français?

Je trouvais ça important de chanter dans ma langue maternelle. Je suis extrêmement fière d’être Acadienne et de pouvoir encore parler en français. De plus, je trouve que nous avons un vocabulaire si riche et varié que j’avais envie d’explorer cette magnifique langue que l’on parle. J’écris quand même en anglais parfois, mais j’aime beaucoup mieux écrire en français

 

Comment composes-tu de la musique? Est-ce autour d’un ordinateur ou un café? Tes inspirations?

Ça varie de chanson en chanson. D’habitude, j’aime avoir un café (ou une bière), mon cartable d’écriture, et ma guitare dans mon salon et j’essaie de composer et écrire. Mais parfois ça me frappe tout d’un coup. J’ai plein de notes sur mon téléphone; soit des bouts de phrases, des refrains ou des couplets. J’essaie de toujours inviter l’inspiration quand je la sens.

 

Compares tes deux albums, quelles sont les différences entre les deux?

Mon premier album était vraiment un ‘’stir-fry’’ des meilleures chansons que j’avais écrites entre l’âge de 16 et 20 ans. Je n’avais pas vraiment de plan avec ces chansons. Ça faisait un moment que je les chantais en spectacle et donc naturellement la prochaine étape était de les enregistrer. Pourchasser l’Aube, le deuxième disque, était vraiment un travail plus recherché. J’ai écrit cet album alors que je vivais une dépression alors pour moi ça été comme une thérapie. J’ai aussi beaucoup pensé au son que je voulais pour essayer de le concrétiser un peu plus.

 

Ton deuxième album a été lancé suite à des problèmes de santé? Est-ce que tu peux m’en parler?

Comme je disais plus tôt, j’ai écrit cet album alors que je souffrais d’une dépression. Ça n’a pas été facile mais en même temps écrire Pourchasser l’aube m’a énormément aidé. Je pense vraiment qu’écrire cet album et extérioriser mes émotions de façon vulnérable et honnête m’a aidé à passer au travers et le résultat me rend vraiment fière.

 

 

Pour le premier, tu as fait appel à quelqu’un aux États-Unis? Peux-tu me parler de cette histoire?

Après que j’ai fait La Voix, j’ai rencontré des gens qui m’ont introduit au réalisateur Jay Newland. Celui-ci a réalisé des albums que j’ai beaucoup écouté dont l’un de mes préférés, Come Away With Me de Norah Jones. J’ai appris à chanter en écoutant cet album. Alors, lorsque l’opportunité est venue de travailler avec lui, j’ai toute suite sautée sur la chance. C’était une occasion rare et savais que j’allais le regretter si je ne le faisais pas. C’était magique! J’en ai beaucoup profité.

 

Le 8 mars, la Journée internationale des femmes se tient cette année avec le thème de l’égalité. Comment est cette égalité des femmes et des hommes en 2020?

Malgré qu’il y ait encore du chemin à faire, je me sens extrêmement chanceuse et privilégiée d’être une femme en 2020. Je pense que les choses ont beaucoup avancé depuis le temps de mes parents et mes grands-parents, et beaucoup de femmes avant moi ont fait en sorte que je puisse être libre d’être la femme que je suis aujourd’hui. Il y a encore beaucoup de changements à faire; je pense à l’inégalité des salaires, la façon que les femmes sont perçues dans les médias, comment la culture du viol est souvent banalisée, etc. Mais je pense que nous avançons vers la bonne direction lorsque je vois des pays comme l’Islande affirmer qu’il est illégal de payer les hommes plus que les femmes, quand les corps de toutes formes commencent à avoir plus de place dans les médias, ainsi que le mouvement #MeToo qui fait bouger les choses. J’ose donc croire que peu à peu ça s’améliore, et j’espère que notre génération soit capable d’améliorer les choses encore plus pour ceux qui viendront après nous.

 

Et dans l’industrie musicale, où en est l’égalité?

Ça s’en vient. Je me fais encore souvent dire que je joue bien de la guitare pour une fille malgré qu’il y ait visiblement une panoplie de femmes qui sont d’excellentes musiciennes. Mise à part ça, il y a beaucoup de festivals ou il y a beaucoup moins de femmes qui sont programmées, beaucoup moins de femmes éclairagistes et techniciennes, etc. Mais ça s’en vient. Les femmes en musique ne sont définitivement pas prêtes de baisser les bras!

 

 

Quelles sont les femmes que tu admires, des gens qui t’ont influencé (dans tous les domaines)?

Tellement de femmes! Je pense à Elisapie pour sa grâce, sa plume extraordinaire et sa présence indéniable. À ma mère et mes grand-mères qui ont fait en sorte que je suis la femme que je suis aujourd’hui. Feist pour sa créativité et son audace hors du commun. Malala Yousafzai pour son courage, son intelligence, sa résistance et sa persévérance. Les noms m’échappent et je sais que plus tard je vais me dire que j’en ai trop oublié mais bref, mes amies, mes tantes, mes cousines, mes collègues, toutes les femmes que je rencontre ont une histoire qui mérite d’être écoutée.

 

Quel est l’événement qui t’as le plus marqué dans ta vie, tellement que ceci a influencé une chanson ou un tournant dans ta carrière?

Je pense que mon déménagement à Montréal a été quand même un gros événement pour moi. C’est l’année que j’ai le plus appris à me connaître, et l’année que j’ai commencé à apprendre à m’affirmer.

 

Que représente pour toi la langue française?

C’est une partie de moi ! C’est beau, ça plein de sons et plein d’accents, c’est sans frontières et son histoire change d’un endroit à l’autre. Je suis fière que ce soit ma langue et je suis fière que mes ancêtres se sont battus pour que je puisse encore la parler aujourd’hui.

 

Aujourd’hui, es-tu heureuse?

Je ne peux pas me lamenter! 😉

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