8 femmes pour le 8 mars : Rayannah

Pour souligner la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2020, nous avons décidé de parler avec huit femmes auteures-compositrices-interprètes d’un peu partout au Canada : Céleste Lévis (Ontario), Caroline Savoie (Nouveau-Brunswick), Rayannah (Manitoba), Michelle Campagne (Saskatchewan), Emma Beko (Québec), Gab Godon (Québec), Sophie Pelletier (Québec), Maryze (C.-B.).

Voici notre entrevue avec Rayannah.

T’es née en quelle année et à quel endroit?

Winnipeg (Manitoba) en 1989.

 

As-tu toujours demeuré dans la même ville?

J’ai toujours habité à Winnipeg à l’exception d’une demi-année à Toronto et d’un 3 mois à Paris. Par contre je suis sur la route chaque quelques mois.

 

Est-ce que tu aimes Winnipeg et pourquoi?

J’adore Winnipeg. C’est une ville qui a du cran. C’est une ville DIY. Elle est isolée et insoupçonnée. Les gens y sont débrouillards, résilients et créatifs. Il y a pleins de différentes communautés et nous n’avons pas le choix que de se mêler l’une à l’autre.

 

À l’école secondaire, quel genre de fille étais-tu?

J’étais une nerd! J’aimais beaucoup l’école et les activités parascolaires.

 

Quand est venu ton désir de faire de la musique?

La musique a toujours fait partie de ma vie. Une chose a mené à l’autre très naturellement et graduellement. Je me suis rendue compte que j’étais musicienne à temps plein presque après le fait.

 

Qui t’a influencé en musique (autant autour de toi que de la musique que tu écoutais)?

Dans ma communauté immédiate, il y a mon collaborateur principal Mario Lepage (Ponteix) et plusieurs artistes à Winnipeg qui m’inspirent par leur travail et leur ténacité. En grandissant j’ai beaucoup écouté de la musique piano voix (Sarah McLachlan). J’ai ensuite étudié en jazz, ce qui demeure une influence profondément importante pour moi particulièrement pour ce qui est du rythme et de l’harmonie. C’est dans les dernières années que j’ai commencé à explorer le monde de la musique électronique. J’ai dû reculer et faire mes devoirs en me familiarisant avec les catalogues de grands artistes (Bjork, Radiohead, etc). J’aime autant plonger dans de vieux albums que de découvrir de nouvelles sorties.

 

Tu chantes en français et en anglais?

Oui, je chante et j’écris dans les deux!

 

Comment composes-tu de la musique? Est-ce autour d’un ordinateur ou un café?

Mes méthodes d’écriture varient selon le contexte dans lequel je me trouve et mon rythme de vie. Souvent les premières idées me viennent quand je me déplace (à pied, à vélo, en bus, en métro) et je les répète un peu en ritournelle jusqu’à-ce-que des paroles se développent. Sinon il m’arrive aussi de composer au piano ou bien à partir des loop/beats créés soit à l’ordi ou avec ma pédale loop.

 

Tu as lancé un EP et un album. Quelles sont les différences entre les deux en terme de sonorité et de ton travail?

Plusieurs années se sont écoulées entre la sortie de mon premier EP Boxcar Lullabies et mon album Nos repaires. Mes outils et mes références ont changés énormément entre les deux. Notamment, je me suis lancée dans l’écoute de musique électronique avec l’oreille pointée sur la production et j’ai développé mes connaissances autour des synths. Certaines des chansons sur mon EP furent mes premiers efforts en beatmaking, et celles-ci ont été la fondation sur laquelle j’ai basé la réalisation de l’album.

 

Tu as aussi un concept où tu tiens un cercle qui brille et aussi, le masque. Que veux-tu projeter avec ces idées?

Les vidéoclips réalisés en parallèle avec la création de mon album ont été certains des projets créatifs les plus nourrissants de ma carrière. Les clips soulignent l’aspect cinétique de ma musique qui a toujours été très physique pour moi. Dans le cas de la lumière (le cercle) lumineux dans le clip En attendant demain, il s’agit moins d’un symbole direct, mais plutôt d’un accessoire qui miroite l’inertie des couplets et l’élan des refrains.

 

En spectacle, on peut te voir surtout seule avec plusieurs synthétiseurs. Préfères-tu travailler seule?

La collaboration a toujours été quelque-chose qui m’inspire grandement. Malgré le fait que je voyage souvent seule, les gens qui ont contribué à mon projet à travers les années me suivent par les idées et la matière qu’ils ont versées dans mes chansons. Seule, c’est possible d’improviser sur place et créer un univers particulièrement intime et éphémère. En groupe, tu as l’énergie des autres sur scène et leur créativité qui se greffe au projet. C’est tout autant inspirant.

 

Le 8 mars, la Journée internationale des femmes se tient cette année avec le thème de l’égalité. Comment est cette égalité des femmes et des hommes en 2020?

Nous avons bien du chemin à faire pour que le terrain soit égal, pour les femmes et encore plus pour les personnes de genre non-conforme.

 

Et dans l’industrie musicale, où en est l’égalité?

À chaque étape de notre trajet dans l’industrie, autant à l’extérieur de nous qu’à l’intérieur de nous. Nous allons devoir travailler fort et avec humilité pour nous en défaire. Pour moi c’est prioritaire de m’entourer de gens qui sont prêts à faire ce travail.  

 

Quelles sont les femmes que tu admires, des gens qui t’ont influencé (dans tous les domaines)?

Je suis entourée de femmes et de personnes de genre non-conforme extraordinaires avec qui j’ai le privilège de travailler et de collaborer. Nous nous appuyons l’une l’autre, nous grandissons ensemble.

 

Quel est l’événement qui t’as le plus marqué dans ta vie, tellement que ceci a influencé une chanson ou un tournant dans ta carrière?

En 2013 j’ai entrepris un voyage toute seule en Europe pendant trois mois. J’ai écrit plusieurs chansons pendant cette période, et c’est là-bas que j’ai joué (un peu par accident) mes premiers spectacles en tant que « Rayannah ». C’était un voyage tumultueux rempli de hauts et de bas. Je crois que c’est là-bas que j’ai dû apprendre à me débrouiller seule et à me faire confiance.

 

Que représente pour toi la langue française?

Elle représente bien des choses. Pour garder ça simple, c’est mon lien à ma communauté, à ma famille. C’est mon encre qui me rappelle d’où je viens et qui je suis.

 

Quels sont tes projets en ce moment?

Le printemps s’annonce occupé avec de belles tournées au Canada et en Europe. Je profite des moments à la maison pour créer sans contraintes ni agenda.

 

6 réflexions sur “8 femmes pour le 8 mars : Rayannah

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