8 femmes pour le 8 mars : Sophie Pelletier

Pour souligner la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2020, nous avons décidé de parler avec huit femmes auteures-compositrices-interprètes d’un peu partout au Canada : Céleste Lévis (Ontario), Caroline Savoie (Nouveau-Brunswick), Rayannah (Manitoba), Michelle Campagne (Saskatchewan), Emma Beko (Québec), Gab Godon (Québec), Sophie Pelletier (Québec), Maryze (C.-B.).

Voici notre entrevue avec Sophie Pelletier.

Tu es née le 27 novembre 1986 à Rivière-Ouelle. Que retiens-tu de ton enfance dans cette région?

J’ai eu une enfance merveilleuse à Rivière-Ouelle. J’étais une jeune fille active et le fait de demeurer à la campagne a été une grande source de plaisir pour moi. J’étais aussi assez leader à l’époque alors j’entrainais tous mes voisins dans mes jeux. On faisait de représentations pour nos parents. Je faisais beaucoup de vélo. J’ai aussi fait de la gymnastique artistique au niveau compétitif pendant plus de 10 ans ce qui me permettait de dépenser mon énergie. Les cours étaient dans la ville voisine alors ça faisait beaucoup de voyagement pour mes parents mais ils m’encourageaient dans toutes mes activités. Voyant que j’avais beaucoup d’énergie, une voisine m’a demandé de faire des capsules à la télé communautaire. Ça s’appelait La minute à Sophie. Je présentais des jeux, des recettes, des chroniques sur les chats et autre… c’était vraiment comique. À l’adolescence, j’avais hâte de quitter mon patelin par contre.

 

Quand as-tu quitté Rivière-Ouelle?

À 17 ans je suis partie à Québec étudier au Cégep de Sainte-Foy en Arts et lettres profil littérature et j’ai déménagé en appartement avec mon frère et sa blonde.

 

À l’école secondaire, quel genre de fille étais-tu?

Mon énergie s’est dissipée un peu à l’adolescence. J’ai tranquillement remplacé la pratique sportive intensive par la musique. En secondaire un, ma prof de musique m’a incité à former un groupe de musique avec deux autres filles. Je savais déjà jouer de la guitare et les filles jouaient de la basse et de la batterie. On a fait tous les Secondaire en Spectacle à partir de 14 ans et d’autres spectacles. Ça me stimulait énormément. En classe, j’étais vraiment douée, mais je parlais et j’argumentais beaucoup. J’étais souvent chez le Directeur. Je détestais les injustices et je ne me gênais pas pour défendre mon point de vue. Je faisais partie de la gang de p’tits bums au début de l’adolescence et je me suis calmée vers 15-16 ans. Je me souviens être devenue plus timide et manquer de confiance en moi dans ces âges.

 

Quand est venu ton désir de faire de la musique?

J’ai toujours eu le désir de chanter. À 4-5 ans je m’enregistrais sur ma mini-enregistreuse. Je chantais I will always love you, les chansons de Céline, de Roch Voisine. Ma mère me raconte que je me promenais aux tables au restaurant pour chanter des chansons aux gens… 🙂 Pour la guitare, j’ai commencé à en jouer à 7 ans. La belle Norman de mon père m’attirait déjà depuis un bon moment quand j’ai décidé d’apprendre à jouer.

 

Qui t’a influencé en musique autant autour de toi que de la musique que tu écoutais?

Toute ma famille paternelle joue de la musique alors ma passion de vient en grande partie d’eux. Mes cousines m’ont appris mes premiers accords à la guitare. Chez nous ça chantait tout le temps dans les partys de famille c’était assez incroyables. Mes tantes chantaient en chœur, mon père jouait de la guitare et mon grand-père du violon. Ensuite ma prof de musique du Secondaire a joué beaucoup sur ma motivation à faire de la musique. Et ma mère m’a toujours beaucoup encouragé à chanter et faire de la musique. Elle m’inscrivait à des concours et allait me porter aux quatre coins du Québec pour que j’explore et que je développe cette passion.

Mon frère est un grand mélomane et très jeune il avait déjà toute une collection de CDs. Il a certainement contribué à ma découverte de nombreux artistes. Mes premiers albums ont été ceux d’Isabelle Boulay, Okoumé, Kevin Parent, France D’amour. Grâce à la collection de mon frère je suis vite tombée dans la musique Rock en découvrant Janis Joplin, Led Zeppelin, ACDC, Live, Collective Soul. Mon goût pour la musique étant déjà très large, je me plaisais aussi à écouter les albums de musique folklorique et irlandaise de mon père.

 

Tu as participé aux concours Cégeps en spectacle et le Festival en chanson de Petite-Vallée en quelle année ? Pourquoi avoir participé à ces concours?

J’ai participé à Cégep en Spectacle en 2009 et 2010. Le responsable des loisirs du Cégep m’avait entendu chanter lors d’un concert et m’a incité à aller présenter mes compos. Ça faisait 2 ans que je ne jouais plus beaucoup de musique suite à une période plus difficile. En 2009 j’ai gagné une présence aux Rencontres qui chantent à Petite-Vallée. C’était une semaine de création incroyable. On était une belle gang : Klo Pelgag, Lisa Leblanc, Philippe Brach, entre autre. C’est là que j’ai écrit Sarah Sans Sourire qui m’a ensuite ouvert beaucoup de portes.

 

Que retiens-tu de ton passage à Star Académie?

Ça a été toute une aventure. Ça m’a fait repousser mes limites. Mes proches avaient peur que je ne dure pas longtemps dans un tel contexte de groupe et ils avaient bien raison car je suis une fille qui a besoin de sa bulle. Finalement j’ai vraiment embarqué dans le trip et j’ai vécu des expériences incroyables. J’en garde un très bon souvenir. Ça a changé ma vie.

 

Tu as co-fondé UniforcePro et fondé le label Joseph Musique. Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ces entreprises?

Je voulais simplement produire ma musique et mes spectacles. Le goût d’être pro-active, indépendante et d’avoir la possibilité d’être fidèle à qui je suis et ce que je veux faire, tout ça m’a poussé vers l’autoproduction.  Après deux, trois essais dans des plus grosses boites, je me suis vite rendue compte que ça demandait beaucoup de patience pour attendre après des réponses et des actions et de la patience, j’en n’ai pas beaucoup. 🙂 J’ai appris beaucoup pendant mes années en association au sein de UniForce et j’ai senti qu’il était temps pour moi de voler de mes propres ailes. C’est là que Joseph Musique est née. Dans cette nouvelle compagnie, il n’y aura pas d’autres artistes ni d’autres fonctions que la production de mes propres projets.

 

Dans l’industrie musicale, on semble voir encore beaucoup d’hommes et moins de femmes. Pourquoi?

Je trouve qu’on est pas mal de femmes à faire de la musique et j’en suis très heureuse. J’ai eu des modèles comme Sheryl Crow, Bonnie Raitt, France D’amour, Courtney Love qui ont tracé le chemin et maintenant on est plusieurs femmes à jouer de la guitare ou d’autres instruments.

 

Penses-tu qu’il y a des progrès?

Il reste certainement encore beaucoup de travail à faire pour la parité autant en musique qu’ailleurs.

 

Du côté des festivals de musique, on a souvent l’impression que les grandes têtes d’affiches sont encore des hommes. Penses-tu que la scène est aussi en train de changer?

Oui! Le fait qu’on s’affirme et qu’on lève le voile sur les injustices fait beaucoup avancer la cause des femmes en musique actuellement. Je vois un souci plus présent à ce que les artistes d’une programmation soient égaux en nombre tant pour les hommes que pour les femmes.

 

Quelles sont les femmes que tu admires (dans tous les domaines)?

Alicia Keys, Sheryl Crow, Maya Angelou, Bonnie Raitt, Aretha Franklin, Geneviève Everell, Jain, Véronique Cloutier, Brenee Brown, Oprah,  Mère Térésa, Jeanne D’arc.

 

La Journée internationale de la femme cette année se tient sous le thème de l’égalité. Est-ce que tu penses que la nouvelle génération changera plus les choses que les précédentes?

Je pense que c’est un travail qui se poursuit et nous ne changerons pas plus ou moins que les générations d’avant, nous changeront ce que nous pourrons. Nous sommes une génération qui revendique énormément et cela pourra sûrement aider à faire de grands pas vers l’égalité. Le plus difficile a été fait selon moi, car désormais la porte est ouverte aux changements. Il n’en demeure pas moins qu’il faudra continuer à se battre pour nos droits.

 

 

Comment décris-tu tes deux albums, Le désert, la tempête et Les météores (quelles sont les différences)?

Je vais me permettre d’ajouter mon dernier EP BYE BYE sorti le 24 janvier dernier à votre question. 🙂 L’essence de chaque projet fait ressortir chaque étape de ma vie de jeune femme artiste et mon son, ma plume et mon identité n’ont cessé de s’affiner.

Avec Le désert, la tempête je mettais cartes sur table en présentant ma fragilité et ma naïveté. Pour ce premier projet, j’ai été puisé dans mes influences de base qui sont plus folk et même country.  Ensuite, j’ai eu un élan vers la pop-électro. En 2016-2017 j’ai découvert Christine and the Queens et ça a changé ma conception et mon goût pour la musique pop. Tout ça a influencé mon son pour Les Météores. Cet album traite beaucoup de l’amour et la solitude. On voit bien que je n’étais pas totalement heureuse quand j’ai écrit ces textes. En 2019, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. J’ai commencé une thérapie, j’ai quitté une compagnie pour en partir une autre, j’ai déménagé.  Tout ça pour aspirer au bonheur. J’ai décidé de faire des choix pour moi, de prendre soin de moi. C’est ce qui ressort dans BYE BYE où je m’affirme et m’assume plus que jamais.

 

Quel est l’événement qui t’as le plus marqué dans ta vie, tellement que ceci a influencé une chanson ou un tournant dans ta carrière?

Il y a eu cette période sombre dans ma vingtaine. Sarah Sans Sourire est inspirée de cette période. Sinon cette page qui vient de se tourner grâce à ce désir de guérir de vieilles blessures a changé beaucoup de choses dans la dernière année.

 

Parle-moi de ton projet d’ateliers de musique dans les écoles.

Je suis éducatrice spécialisée de formation. Je trouve ça très important d’aider mon prochain et d’avoir une utilité directe dans la société. L’écriture de chanson m’a beaucoup aidé à passer à travers différentes épreuves et j’ai eu envie de partager ce moyen d’expression aux autres. Je présente donc des ateliers d’écriture de chansons dans les écoles et Centres Jeunesse depuis plus de 5 ans. Ça me fait vivre des moments magiques. Les jeunes ont tellement de choses à raconter et extérioriser et ont une belle créativité. C’est très enrichissant. Mon projet fait partie du programme Artiste à l’école du MEL’S.  Les établissements ont donc un soutien financier pour soutenir mon travail. C’est vraiment génial. Ce printemps, je visite une dizaine de nouvelles écoles. Le projet a déjà rencontré plus de 30 établissements au Québec et en Ontario.

6 réflexions sur “8 femmes pour le 8 mars : Sophie Pelletier

  1. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars : Céleste Lévis – FrancoMusique

  2. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars – FrancoMusique

  3. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars : Rayannah – FrancoMusique

  4. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars : Emma Beko – FrancoMusique

  5. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars : Caroline Savoie – FrancoMusique

  6. Pingback: 8 femmes pour le 8 mars : Maryze | FrancoMusique

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s